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17/06/2008 | rubrique: Interventions
Définition d’une stratégie interdépartementale dans le domaine de l’énergie.
Je salue la dynamique interdépartementale qui se met en place et la volontarisme affiché dans le domaine de l’énergie, plus précisément celui des énergies renouvelables.
J’appelle cependant à la circonspection et à la précaution s’agissant de certaines de ces énergies. Je pense notamment à l’énergie nucléaire, évoquée au même titre que des énergies vraiment nouvelles comme le photovoltaïque, la géothermie ou l’éolien. Le nucléaire renvoie à une technologie lourde et dangereuse et je dirais « archaïque ». Elle est fondée sur une ressource épuisable, l’uranium, dont tout le monde connaît les dommages collatéraux.
Certes le nucléaire ne contribue pas directement à l’effet de serre, mais il représente un tel danger en cas d’accident, que la centrale de Fessenheim, la plus vieille centrale française en activité, ne constitue pas un atout pour l’interdépartementalité alsacienne, par ailleurs réellement avant-gardiste dans plusieurs secteurs.
Un autre point impose la circonspection. La notion de « cultures énergétiques » me paraît insidieuse. Si la valorisation des déchets agricoles et forestiers, sous forme de biomasse ou de combustible, est intéressante, la culture à des fins énergétiques de céréales, pour alimenter des chaudières ou les réservoirs de nos automobiles, n’est pas soutenable si elle entre en concurrence avec la vocation première de l’agriculture : l’alimentation humaine.
Il est essentiel de préserver cette fonction primordiale pour assurer l’autosuffisance alimentaire de nos territoires, ou tout bonnement pour garantir des prix normaux aux matières premières alimentaires, afin qu’elles restent accessibles à tous.
Nous avons tous présentes à l’esprit les images de soulèvements populaires, d’émeutes de la faim dans de nombreux pays du monde. Nos concitoyens également souffrent des augmentations constatées dans les produits alimentaires de base.
A cet effet il me semble pertinent de corriger l’appellation « biocarburant » : le radical bio (la vie) risque d’être à contre-emploi. Il donne une connotation positive à un phénomène qui menace de devenir un nouvel avatar de la spéculation financière mondiale, face à laquelle il faut absolument poser des garde-fous. Le terme « agrocarburant » serait mieux adapté car plus neutre et objectif.
Partenariat avec la Chambre d’agriculture pour un développement durable de l’agriculture bas-rhinoise.
Je souhaite souligner l’urgence de préserver et soutenir la vocation agricole de notre région (« Quel beau jardin ! » s’exclamait Louis XIV lorsqu’il découvrit l’Alsace.) et l’urgence de lutter contre la régression des surfaces agricoles – plus que 41% - menacées par une urbanisation toujours très extensive - en dépit des principes affichés de réduction de l’étalement urbain -, par les projets d’infrastructures routières, autoroutières et même ferroviaires et par les créations de plateformes d'activités ou de commerces. Sans compter le projet de mégadécharge en Alsace Bossue sur 95 hectares jusque là dédiés à la production agricole...
Je souligne également l’importance qu’il y a à soutenir les productions liées directement à l’alimentation humaine, distribuées localement. A cet égard le succès du réseau des AMAP (Aide au Maintien de l’Activité Paysanne) à travers la distribution de paniers hebdomadaires dans le cadre d’abonnements garantissant des débouchés aux producteurs, traduit la pertinence d’une démarche de proximité.
Ces productions ne représentent qu’une très petite fraction des surfaces cultivées (moins de 8%), comparées aux surfaces céréalières, notamment celles dévolues à la monoculture du maïs. Cependant le cours du blé semble d’ores et déjà avoir une incidence sur nos paysages, puisque les cultures de blé commencent à rivaliser avec les champs de maïs.
Dans un contexte de spéculation boursière sur les productions agricoles un partenariat étroit entre notre collectivité et le monde agricole est de plus en plus pertinent pour défendre les orientations qui garantiront le développement durable de nos territoires.
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