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22/09/2008 | rubrique:
La volonté affirmée de promouvoir les modes de circulation alternatifs à la voiture est déclinée au quotidien notamment par le maillage du territoire par les bus du réseau 67.
Cependant permettez-moi de déplorer l’indéfectible soutien de notre collectivité à l’égard du trafic routier, plus particulièrement à travers le choix réaffirmé de créer de nouvelles liaisons routières, dans un contexte de dégradation de la qualité de l’air, de réchauffement climatique et de recul des espaces naturels et agricoles, fortement sensible dans notre région.
Une augmentation notable de la proportion des usagers des transport en commun est constatée ces toutes dernièrees années, que ce soit dans les TGV, les TER, les bus du réseau 67, le tram. De même, il y a un engouement grandissant pour les déplacements sur deux roues : vélo ou vélomoteur classiques ou plus innovants, équipés ou non de moteurs électriques.
Nos concitoyens sont souvent déjà engagés dans une modification, voire une révolution de leur manière de vivre et de se déplacer, et intéressés par les innovations qui se profilent. Mus par la conscience de leur responsabilité par rapport à la planète et aux générations futures ou incités à l’économie par l’augmentation du prix des carburants, les Bas-rhinois sont prêts au changement de comportement. Aux pouvoirs publics d’accompagner et de faciliter ce changement en investissant dans le même sens.
Non au GCO
Je veux ici rappeler les réserves et l’opposition d’une part importante de la population par rapport au GCO, un projet autoroutier conçu à Grenelle moins 20 ou 30 ans. Alors qu’il est censé désengorger l’A35 à la hauteur de Strasbourg, des études techniques indépendantes démontrent que cette autoroute à péage n’aura qu’une incidence marginale sur les bouchons strasbourgeois.
Il existe, en fonction des territoires, d’autres pistes à explorer pour améliorer les déplacements et soulager le trafic routier notamment autour de Strasbourg.
Oui à un vrai maillage ferroviaire
Les 4 Conseillers Généraux de la CUS nord, dont je suis, se sont associés pour adresser un courrier commun aux autorités compétentes en matière de transport ferroviaire et de déplacement urbain, respectivement la SNCF, la Région et la CUS, pour que soitent étudiées différentes possibilités d’améliorer la desserte des petites gares de la CUS nord. Suite à l’arrivée du TGV en juin 2007, les gares de Mundolsheim et Vendenheim ont été pénalisées par la suppression de plusieurs arrêts à des moments de pointe, obligeant de nombreux voyageurs à se reporter vers l’utilisation de leur voiture – et à contribuer à surcharger l’autoroute A35 vers Strasbourg.
L’exploitation des possibilités qu’offrent les lignes ferroviaires qui traversent nos territoires pourrait être notablement renforcée. Je pense par exemple au rajout d’une ou deux stations sur les lignes que je viens d’évoquer (Strasbourg - Saverne ou Strasbourg – Haguenau) entre Strasbourg et Mundolsheim, plus précisément à la hauteur d’une zone d’activité économique importante, l’Espace Européen de l’Entreprise, dans un secteur à très forte densité de population.
La possibilité pour les populations du nord – ouest de Strasbourg, oubliées du réseau tram actuel, d’accéder à un service de type « RER » améliorerait considérablement la mobilité dans un secteur socialement et économiquement fragile, concerné par les politiques départementales d’insertion professionnelle.
L’espace Européen de l’Entreprise représente un important bassin d’emplois tertiaires, il recrute ben au-delà du périmètre immédiat. Permettez-moi de me servir de cet exemple pour illustrer et développer mon propos.
Pour l’heure, pour un habitant de Haguenau qui travaille à E3, il n’existe pas d’alternative vraiment efficace à la voiture. Il n’a d’autre perspective que de se rajouter au flux des voitures qui embolisent tous les matins l’autoroute vers Strasbourg. La multimodalité telle qu’elle se décline actuellement l’obligerait à se rabattre sur un TER qui l’amènerait en gare de Strasbourg pour trouver la connexion avec le ou les bus lui permettant de revenir vers le nord. Une station nouvelle sur la ligne Haguenau – Strasbourg, au niveau de la gare de triage de Hausbergen lui assurerait une liaison directe, sans perte de temps.
Un renforcement du maillage multimodal mieux déconnecté des grandes gares atténuerait l’effet centripète de Strasbourg et ferait que le segment strasbourgeois de l’A35 soit moins un passage obligé, pour ne pas dire un incontournable. Ce qu’il restera avec ou sans GCO…
Concernant l’autre projet routier auquel notre collectivité est associée, la VLIO, j’aimerais souligner son bon côté : sa composante Transport en site propre, à laquelle la petite contournante ouest aurait d’ailleurs pu se réduire, pour offrir une alternative vraiment innovante en matière de déplacement.
Les maillons manquants dans notre département ce ne sont en effet pas les segments routiers : en voiture on arrive partout. Les maillons manquants ce sont ceux des transports en commun, accessibles à toutes les catégories de la population, parfois le seul mode de déplacement accessible aux populations les plus fragiles, celles qui intéressent les politiques du Conseil Général.
Dans ce domaine, comme dans d’autres, l’intermodalité serait de rigueur aussi au niveau des instances décisionnaires. Il devient urgent d’assurer une approche décloisonnée et réellement transversale des politiques de transport. L’objectif commun devant être la plus grande efficacité et le meilleur service rendu à la population, avec le souci de ménager le territoire et de préserver les ressources, la qualité des sols et de l’air.
Dans l’esprit – enfin ! – du Grenelle de l’environnement.







