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Jardins en coeur d'îlot - destruction annoncée
05/05/2010 | rubrique: Environnement
Le Maire de Schiltigheim a accordé le 25 février 2010 un permis de construire au Foyer Moderne pour un immeuble qui empiète dans les jardins en coeur d'îlot rues de Vendenheim, des Vosges du Fondeur et de Lauterbourg. J'ai souhaité évoquer ce dossier et relayer l'opposition des riverains à ce projet lors du Conseil Municipal du 4 mai.
Le règlement intérieur du Conseil Municipal permet d'interpeller le Maire sur un point ne figurant pas à l'ordre du jour sous la forme d'une question orale, à lui adresser sous forme écrite 4 jours francs avant le Conseil Municipal.
J'ai envoyé par messagerie électronique ma question orale vendredi 31 avril à 23h45. Pour avoir régulièrement, déjà sous la précédente municipalité, déposé en mairie ou "mailé" mes questions orales le vendredi précédant le Conseil Municipal (qui se tient traditionnellement le mardi soir), je n'ai pas imaginé que le Maire allait se dérober.
Il s'est pourtant servi du prétexte du règlement intérieur pour refuser que je présente ma question orale. sans doute le sujet est délicat et la réponse difficile...
Voilà l'intervention que je n'ai pas pu faire:
Monsieur le Maire,
J‘ai eu l’occasion de participer à la réunion que vous organisiez au début du mois d'avril avec les riverains du « cœur d’îlot » rues de Vendenheim, Lauterbourg, des Vosges et du Fondeur pour leur présenter le projet immobilier Berlioz au n° 34 de la rue des Vosges.
Lors de cette réunion, les riverains ont exprimé leur déception de n’avoir pas été associés en amont au projet immobilier qu’ils découvraient ce soir-là pour la première fois tout ficelé. Face au mécontentement que suscitait la perspective d’un immeuble de 15 logements débordant dans le cœur d’îlot, vous avez personnellement envisagé d’apporter des modifications et des corrections au projet en vue d’en atténuer l’impact sur les propriétés voisines, notamment celle de M. MEHN.
Vous avez donné un deuxième rendez-vous aux riverains le 28 avril dernier.
Je n’ai pas été présente à cette deuxième rencontre, mais les échos que j’en ai eus m’incitent à évoquer ce dossier lors de ce Conseil Municipal sous la forme d’une question orale ou d’une proposition que je formulerai en conclusion à mon intervention.
Lors de la rencontre du 28 avril, vous avez opposé une fin de non recevoir à toutes les suggestions qui pouvaient vous être faites. Et pour cause. Le permis de construire concernant le projet controversé avait été accordé le 25 février dernier, le délai légal de recours de deux mois était dépassé. Le temps du dialogue aussi.
Monsieur le Maire, légalement en effet il n’y a plus rien à faire contre un projet immobilier de 15 logements qui va détruire définitivement une configuration urbaine spécifique d’un secteur de notre commune. Les immeubles d’habitation implantés sur la rue délimitent en cœur d’îlot une succession de jardins et potagers, assurant aux riverains un environnement précieux. Le permis de construire qui a été accordé empiète dans ce cœur d’îlot, érige un mur entre certains des riverains et cet espace vert collectif dont ils jouissaient depuis toujours.
Il pose par ailleurs le problème du stationnement des voitures des futurs résidents de l’immeuble. 15 familles, cela représente probablement 2x autant de voitures pour lesquelles le permis déposé ne prévoit pas de stationnement sur place. Vous profitez de la disposition du POS qui autorise d’intégrer dans le ratio des places de stationnement réglementaires des emplacements disponibles dans un rayon de 400m. Cependant tout le monde partage la même propension naturelle à chercher à se garer le plus près possible de son logement. Une belle pagaille en perspective dans un quartier où les problèmes de stationnement sont déjà bien réels !
Il existait pourtant une réponse politique à apporter à ce dossier. Il suffisait de procéder à une modification mineure du POS, voire simplement à un amendement de l’article 11UAB pour instituer et conforter le principe du cœur d’îlot.
Une telle précaution aurait permis de limiter la surface constructible sur la rue et protégeait les jardins en cœur d’îlot, entraînant du coup une révision de la valeur vénale du terrain. Au lieu de quoi le terrain, qu’il soit occupé par les jardins ou par le bâti, a la même valeur, la valeur du terrain constructible, ce qui explique un prix de vente très élevé, à la limite prohibitif pour un acheteur par ailleurs bailleur social. Je vous remercie de nous rappeler le montant de la transaction. Ceci nous permettra de comprendre que le Foyer Moderne soit astreint à une logique de promoteur immobilier et, pour rentabiliser son investissement, doive construire un maximum de m2. Et tant pis pour les promesses faites pendant la campagne électorale…
Le mal est fait. Errare humanum est. Perseverare diabolicum… Au lieu d’engager le Foyer Moderne dans une opération financièrement un peu risquée, au lieu de détruire un cœur d’îlot auquel beaucoup de familles sont attachées, faites machine arrière !
Certes on aura payé cher un terrain qui pour partie aurait pu coûter bien moins cher. Certes on aura payé le travail d’un architecte. Mais arrêtons là les frais. Monsieur le Maire, vous avez encore une opportunité unique d’expérimenter à Schiltigheim un concept de jardin partagé en pied d’immeuble. Obtenez du Foyer Moderne qu'il rétrocède à la commune la surface de jardins actuels et se contente de construire un nouvel immeuble sur la rue, en préservant l'espace central.
Face à une demande de plus en plus forte pour des jardins potagers, vous disposez d’une opportunité rare de créer plusieurs parcelles qui pourraient être ouvertes aux familles demandeuses habitant par exemple dans le quartier populaire proche Ste Odile. Mixité sociale. Bilan carbone amélioré. Bien-être partagé. Le jeu en vaut vraiment la chandelle.
Pour finir. La commune est engagée dans l'élaboration de son PLU. Y ferez-vous une place aux « coeurs d'îlot » qui existent ailleurs sur le ban communal, en prévoyant la possibilité de les préserver?
Dans l'état actuel d'avancement du PLU, ne serait-il pas opportun et urgent d'intervenir au plus tôt sur le POS, précisément en imposant dans l'article 11UAB la prise en compte des « coeurs d'îlot » caractéristiques de certains de nos quartiers afin de pouvoir les protéger ?
Je vous remercie des réponses que vous apporterez à mon intervention.
A suivre...







