05/09/2010
 
 
 

R. Nisand en flagrant délit de calomnie

25/07/2010 | pétitions

Lettre ouverte adressée par le Maire de Schiltigheim au Président du Conseil Général du Bas-Rhin:

Monsieur le Président,

J'ai appris à la lecture d'un hebdomadaire régional daté du 11 juillet 2010 qu'une délégation italienne s'était rendue dans la province italienne du Sud-Tyrol, avec à sa tête une Conseillère Générale, Madame MUNCHENBACH.

Cette délégation aurait, d'après ce périodique, été représenter votre Conseil Général dans cette province, et d'ailleurs Madame MUNCHENBACH aurait "remis au nom du Président du Conseil Général du Bas-Rhin, Monsieur Guy-Dominique KENNEL, des alsatiques aux différents hôtes".

Je suis à la fois étonné, surpris et, pourquoi ne pas le dire, indigné par le principe de cette visite, par son coût évidemment très important au regard de la situation très difficile des finances du département et de la hausse des impôts départementaux, mais également par ce qui s'est dit et ce qui s'y est fait sous votre patronage et avec les finances publiques du département.

Il s'agissait, d'après le journaliste qui a suivi la délégation d'une dizaine de membres, de rencontrer des autorités locales et de se pénétrer du "modèle" sud-tyrolien.

Parmi les personnalités rencontrées, le journaliste indique que votre délégation a rencontré la députée du Landtag, Madame Eva KLOTZ, "dont le mouvement Südtiroler-Freiheit réclame un plébiscite pour le retour du Sud-Tyrol au Tyrol autrichien".

Non seulement Madame KLOTZ préconise l'annexion d'une province italienne à l'Etat autrichien, ce qui rappelle de très désagréables souvenirs, mais en plus elle s'est parmis - d'après la revue citée - d'"exhorter les Alsaciens à ne pas abandonner leur langue et ne pas abdiquer leur identité". au passage elle nota que "le degré d'acculturation atteint par les Alsaciens offre une vision d'effroi pour les Sud-Tyroliens qui les incite eux à une vigilance permanente".

Monsieur le Président, plusieurs questions sont posées par cette rencontre.

Etes-vous d'accord avec cette allégation que "le degré d'acculturation atteint par les Alsaciens offre une vision d'effroi"?

Si tel est le cas, il serait bon que vous le disiez à vos concitoyens afin qu'ils sachent qui les dirige.

Si tel n'est pas le cas, elle est la protestation émise par votre représentante, madame MUNCHENBACH, et vous, qu'avez-vous fait pour défendre l'honneur des Alsaciens ainsi insultés?

Je vous adresse par même courrier copie de la galerie de photos du site de ce parti "Liberté pour le Sud-Tyrol" (Südtiroler Freiheit) et vous verrez qu'il s'agit d'un authentique parti néonazi
qui arbore des croix gammées, des insignes fascistes, des photos de Mussolini, des brassards nazis, des saluts fascistes rappelant les polices politiques nazies, des représentations de croix celtiques et de manifestations néonazies.

Chaque page est d'ailleurs ornée du slogan: "Tirolpatrioten sind keine Naziidioten", ce qui veut dire en clair que ce sont des nazis intelligents.

Cautionnez-vous cette rencontre?

La bonne foi de votre délégation a-t-elle pu être surprise?

Combien a coûté ce voyage, ainsi que les cadeaux faits à ces personnages?

Partagez-vous des convictions autonomistes et souhaitez-vous prendre exemple sur le "modèle sud-Tyrolien"?

Pensez-vous effectivement qu'il s'agisse là d'une région italienne modèle, autonome et bilingue sur laquelle nos élus pourraient prendre exemple?

Avez-vous des convictions pangermanistes?

Cautionnez-vous personnellement la rencontre qu'a eue votre délégation avec Madame Eva KLOTZ du mouvement "Südtiroler Freiheit"?

De qui exactement était composée la délégation envoyée au Sud-Tyrol, à quel titre chacun des participants s'y trouvait-il et qui a payé pour chacun des participants et à quel prix?

Qui a décidé de la composition de la délégation?

Des participants non membres du Conseil Général ont-ils vu leurs frais pris en charge et pourquoi?

Toutes ces questions sont à présent ouvertes suite à la délégation envoyée par le Conseil Général au Sud-Tyrol.

Cette lettre est évidemment ouverte car les questions posées sont trop importantes pour rester dans le domaine privé.

Ce débat mérite d'être mené au grand jour.

Je vous remercie de votre rapide et complète réponse et

Je vous prie d'agréer, monsieur le Président, l'expression de mes sentiments respectueux,

Raphaël NISAND



Calomniez, calomniez: il en restera toujours quelque chose!

Le grand inquisiteur schilikois n'est peut-être pas le mieux placé pour donner des leçons en matière de deniers publics.

Ne s'est-il pas distingué par les libertés qu'il a prises par rapport à son compte de campagne et qui auraient dû lui valoir l'inéligibilité? Lui, tout à coup sensible à la nécessité de ménager les deniers publics, n'a-t-il pas au lendemain de son élection commencé par s'augmenter ses indemnités de Maire? Pour ensuite créer une nouvelle ligne budgétaire pour ses frais de représentation, lesquels ont été pratiquement triplés au cours de l'exercice. Comme si malgré le cumul des indemnités de maire, de vice-président de la CUS et les nombreux avantages matériels qui accompagnent ses fonctions, il n'en avait jamais assez.

Seule la perspective d'un contrôle de la Cour Régionale des Comptes l'a conduit à rembourser ces 8000 € dont il faisait un usage très personnel - et familial.

En l'occurrence, M. NISAND peut être parfaitement rassuré : la délégation alsacienne qui s'est rendue au Südtirol/Alto-Adige n'a rien coûté à la collectivité, si ce n'est 3 livres de promotion du Bas-Rhin remis au Landeshauptmann (le chef de la province autonome Sud-Tyrol - Trentin), au responsable du système scolaire allemand et au Président de l'Eurac (Europäische Akademie).

Les frais de déplacement (covoiturage dans des voitures personnelles), d'hébergement et de bouche ont été tout naturellement pris en charge par les membres de la délégation. Visiblement ce n'est pas dans les usages de M. NISAND!

Sa charge contre le coût du voyage serait ridicule et grotesque, si elle ne se doublait pas d'une attaque abjecte contre une des élus du Landtag que nous avons rencontrés, Madame Eva KLOTZ, du parti Südtiroler Freiheit.

M. NISAND tente de faire passer Madame KLOTZ et son parti pour des néonazis. Pour ce faire, il joint à son courrier un montage de photos noir et blanc (auxquelles il fait référence dans son texte) et détourne le sens de certains propos. Son ignorance de la langue allemande n'explique pas tout. Visiblement il a fouiné et fouillé sur le site internet du parti Suedtiroler-Freiheit jusqu'à penser avoir trouvé matière pour ses desseins: salir et discréditer. Je vous invite à vérifier par vous-même que, aux antipodes des allégations mensongères et diffamatoires de M. NISAND, le site est clairement orienté anti-fasciste http://www.suedtiroler-freiheit.com et à constater le bidouillage malhonnête et nauséabond auquel se livre le premier magistrat de Schiltigheim.

Cette "lettre ouverte" adressée aux 44 Conseillers Généraux du Bas-Rhin et à la presse a reçu la réponse suivante du Président du Conseil Général, en date du 23 juillet. Les propos sont cinglants, mais justes. Je remercie Guy-Dominique KENNEL de ses prises de position et de sa fermeté face au comportement grossier et indigne du Maire de Schiltigheim.

Andrée MUNCHENBACH
.


Monsieur le Maire,

Par une récente lettre ouverte, vous avez souhaité m'interpeller au sujet de la visite de plusieurs personnes dont Madame Andrée Munchenbach dans la province italienne du Sud-Tyrol. J'ai pris connaissance de vos interrogations avec la plus grande attention compte tenu de la teneur pour le moins tendancieuse de vos propos.

Afin qu'il n'y ait aucun malentendu, je vous précise que Mme Munchenbach s'est déplacée en son nom propre. Le Conseil Général du Bas-Rhin n'est pas lié à ce voyage et n'a en aucune mesure participé aux frais.

L'initiative de ce déplacement revient à l'invitation du Landeshauptmann Luis Durnwalder faite à M. Bernard Wittmann suite à la parution de son livre consacré au Sûdtirol. Il ne m'appartient pas d'émettre un avis.

Quant à vos propos pour le moins calomnieux voire diffamatoires je vous engage, en tant qu'élu de la République, à plus de retenue et de circonspection. Vos propos sont indignes de la fonction que vous exercez. Vous semblez chercher n'importe quel prétexte pour combler votre agitation permanente. Les raccourcis historiques et les amalgames que vous semblez affectionner n'ont d'autres effets que d'induire de mauvaises interprétations. L'omission des légendes et des explications qui accompagnent les illustrations du site internet auquel vous faites référence s'apparente à une volonté de manipuler l'information.

Mais je laisserai le soin à d'autres de mesurer la hauteur de vos propos car, au-delà du Président du Conseil Général du Bas-Rhin, vous faites injure à la représentation démocratique des nos institutions européennes et du Parlement Européen. Peut être que pour vous la représentation des partis minoritaires n'a pas de sens ou que peu d'intérêt.

Et pour votre parfaite information des alliances politiques, sachez que le mouvement Südtiroler Freiheit fait partie de l'Alliance Libre Européenne (EFA), parti politique européen qui regroupe des partis régionalistes, démocratique est pacifistes, qui se sont alliés au sein du Parlement Européen avec le groupe des Verts. Ce groupe est co-présidé par Daniel COHN BENDIT.

Espérant que ces quelques éléments seront de nature à vous apaiser, je vous prie
d'agréer, Monsieur le Maire, l'expression de mes cordiales salutations.

Guy-Dominique KENNEL




Suite du feuilleton... Le Maire de Roeschwog répond à la lettre ouverte du Maire de Schiltigheim. De larges extraits sont publiés dans les DNA du 27 juillet 2010


Roeschwoog, le 25 juillet 2010

Monsieur le Maire, cher collègue,

J’ai découvert hier la lettre ouverte que vous avez envoyée au président du Conseil Général concernant un voyage d’étude au Sud-Tyrol avec la Conseillère Générale de Schiltigheim, Mme Andrée Munchenbach.

A la lecture de vos lignes, je fus d’abord effaré avant d’être sincèrement indigné par les affirmations et les sous-entendus diffamatoires et même strictement contraires à la vérité objective qu’égrène votre missive. Ne souhaitant pas vous laisser dans l’ignorance et l’erreur, je vous prie de trouver ci-après quelques réponses et commentaires puisque j’ai moi aussi participé à cette visite.

Tout d’abord intéressons-nous au cas de la députée du Lantag Eva Klotz, que nous avons simplement rencontrée, et que vous faites passer, elle et son parti, pour de dangereux fascistes ou nazis.

Ma première réaction à vos propos s’adresse à vous sous forme interrogative.
M. Nisand, seriez-vous l’ami des amis des fascistes ?

En effet, Mme Klotz est depuis longtemps membre de l’Alliance Libre Européenne, un parti qui au Parlement Européen a formé un groupe commun avec les Verts. Or ces mêmes Verts se retrouvent dans votre majorité municipale. Serait-ce donc à dire que votre amie politique Mme Buchmann aurait des affinités idéologiques avec des fascistes ? C’est totalement absurde, comme de prétendre que Mme Klotz est fasciste.

Je vais vous en faire la démonstration en reprenant la notion « d’acculturation » évoquée par Mme Klotz et qui a provoqué votre ire. Malheureusement, force est de constater que vos activités épistolaires lui donnent entièrement raison.

Tout d’abord prétendre que le Süd-Tiroler Freiheit est un parti fasciste ou nazi dénote un manque évident de culture historique et politique puisque les adhérents - les plus anciens - et les idées de ce parti ont eu particulièrement à souffrir des idéologies totalitaires.

Le Sud-Tyrol a été annexé par l’Italie en 1919 sans consultation de sa population et a subi de la part des fascistes mussoliniens une politique d’italianisation forcée qui interdisait l’apprentissage de la langue allemande, excluait ses locuteurs des charges publiques et emprisonnait les anciens instituteurs révoqués, qui tentaient d'enseigner l’allemand clandestinement.

De la part d’Hitler et toujours de Mussolini cette région et ses habitants ont été les victimes d’un accord qui prévoyait de chasser de leurs terres pour les déplacer vers l’Allemagne, tous les locuteurs germaniques, alors même que les habitants des vallées du Sud-Tyrol faisaient partie de l’aire culturelle et politique germanique du Moyen-âge, jusqu’en 1919.

Ensuite, pour étayer vos accusations, vous citez le slogan « Tirolpatrioten sind keine Naziidioten » que vous traduisez visiblement par « les patriotes du Tyrol ne sont pas des nazis idiots ». Là oui, nous sommes en présence d’un formidable exemple d’acculturation !
Votre traduction est en effet exactement contraire au sens de cette phrase qui se traduit en fait par « les patriotes du Tyrol ne sont pas des idiots de nazis. »

Même avec une méconnaissance de la langue allemande, le dessin sans ambigüité d’une croix gammée jetée à la poubelle aurait du vous éviter un tel contre-sens.


Si en tant qu’élu alsacien vous n’aviez pas perdu la culture qu’avaient vos prédécesseurs bilingues, si vous n’aviez pas été acculturé et n’aviez pas perdu vos compétences en langue germanique vous auriez su traduire correctement les mots composés !

C’était d’ailleurs bien là l’objet de ce voyage d’étude : voir comment et pourquoi cette région qui a une histoire assez comparable à celle de l’Alsace jusqu’en 1945, n’a pas perdu sa richesse linguistique.

Aujourd’hui au Sud-Tyrol près de 90% des jeunes sont bilingues italien - allemand alors qu’en Alsace nous avons à peine 10% de jeunes bilingues français - allemand. Dans les années 1960, 70% des jeunes Alsaciens pouvaient s’exprimer dans les deux langues.

Sommes-nous entièrement d’accord avec le fonctionnement du système linguistique sud-tyrolien ? Personnellement non, mais il faut bien reconnaitre objectivement que ses résultats sont meilleurs que ceux que nous connaissons en Alsace et, s’il ne s’agit pas de plaquer le « modèle » à notre région, nous aurions tout intérêt à nous en inspirer.

Ce bilinguisme est un atout tant économique que culturel. Il est en partie responsable du faible taux de chômage que connaît le Sud-Tyrol ( 2,5% contre près de 9% en Alsace ). Il offre la possibilité d’une ouverture d’esprit culturelle et évite comme vous l’avez fait, de ne rien comprendre à un site internet écrit dans une langue qui n’est pas la langue nationale !

Car toujours concernant ce site et le photomontage que vous avez réalisé à partir de toutes les images révoltantes que vous y avez vues, il aurait fallu là aussi ne pas avoir perdu ses compétences linguistiques pour clairement comprendre que le but recherché (comme c’est le cas sur d’autres sites internet anti-fascistes) est bien de dénoncer par l’image, les nazis, les fascistes, et les partis politiques issus de cette idéologie qui surferaient sur la vague autonomiste.

Dans la succession de vos erreurs, je ne considérerais pas comme une manifestation supplémentaire d’acculturation mais plutôt comme une sérieuse mauvaise foi votre confusion entre les notions politiques et historiques de « retour », « rattachement » et « annexion ».

Mme Klotz et son parti défendent le droit des minorités nationales qui est reconnu dans la majorité des pays européens contrairement à ce qui se passe en France (c’est un constat pas une opinion) et ils défendent en particulier le droit à l’autodétermination. Ce « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » n’est pas - si je ne m’abuse - une doctrine fasciste, mais elle a été développée par le Président Wilson et a été reprise bien souvent par la Gauche.

Et c’est bien à gauche sur l’arc républicain auquel elle appartient, qu’il s’agirait de positionner Mme Klotz.

Plusieurs clichés ont été pris lorsque, dans le local de son parti, nous l’avons rencontrée - non pas parce que nous partageons ses idées, mais pour bien les connaître et les comprendre -.
J’ai pour ma part été photographié sous une affiche de propagande sur l’autodétermination qui est parue dans un mensuel régional. Andrée Munchenbach sera, elle, sans doute ravie de vous dédicacer la photographie où on la voit assise sous un grand portrait de … Che Guevara (qui - là aussi, si je ne m’abuse - n’a pas traditionnellement de place d’honneur dans les locaux de partis fascistes).


Après avoir dégonflé cette première charge accusatoire, intéressons-nous à présent au second objet de votre courrier qui traite des frais occasionnés par ce déplacement.

Tous les participants ont entièrement payé le séjour de leur poche : les deux nuits d’hôtel et la 3e nuit dans des conditions plus spartiates, les repas et le transport en voitures personnelles (dont la mienne en l’occurrence).


Mme Munchenbach s’est uniquement permis d’offrir un alsatique du Conseil Général à certaines personnalités qui nous ont reçus.

M. Durnwalder, Landeshauptmann du Sud-Tyrol ( pour une traduction approchante à l’adresse des non germanophones on dirait « le président de la région autonome » ) a reçu un premier livre avec un emballage cadeau ( soit maximum 20€ car il n’y avait pas de nœud autour pour faire joli ), après une heure et demie d’entretien.

Je pense que cette dépense de quelques €uros pour un cadeau au Président d’une autre collectivité locale européenne fait honneur au Président Kennel.

M. Durnwalder appartient au Sudtiroler VolksPartei (SVP) le parti autonomiste majoritaire duquel sont membres 90% des maires du Sud-Tyrol et qui dirige la région depuis des décennies. Pour cette mandature, il se trouve en coalition avec le Partito Democratico ( PD le grand parti de gauche en Italie).

M. Durnwalder gère un budget de 5,8 milliards d’€ pour une région de seulement 500 000 habitants. Ensemble, les Conseils Généraux et Régional d’Alsace, pour 4 fois plus d’habitants, n’arrivent pas à la moitié de ce budget.

Ce fut là un autre objet de ce voyage d’étude.

La description du fonctionnement institutionnel nous a permis de découvrir des hommes politiques efficaces et responsables qui ont réussi à obtenir que 90% des impôts versés par les contribuables soient rendus à la région autonome, qui gère de façon cohérente toute une série de domaines, de l’intervention économique à l’éducation en passant par les transports.
Un très bel exemple de réussite qui, je peux le comprendre, doit fait hurler les nationalistes et les jacobins.

Le même livre enveloppé du même papier a été remis à Peter Höllrigl, le responsable du Deutsches Schulamt qui nous a expliqué le système d’enseignement. M. Höllrigl est un fonctionnaire qui cumule grosso modo, les responsabilités de recteur et d’inspecteur d’académie sans avoir à en référer constamment à la capitale nationale mais plutôt au gouvernement du Land. Là aussi j’entends déjà crier les nationalistes et les jacobins. Mais quand on constate la réussite du système scolaire sud-tyrolien on ne peut que s’interroger sur les raisons de nos moins bonnes performances en Alsace (étude PISA réalisée par l’OCDE).

Un troisième et dernier livre (toujours sans ruban-pour-faire-joli) a été offert au Président ladin de l’Europäische Akademie (EURAC) de Bozen/Bolzano, Werner Stuflesser.

Les autres personnalités rencontrées (la députée SVP Maria Kuenzer, secrétaire de l’assemblée du Landtag, le Dr Günter Rautz, Directeur de l’Institut du droit des minorités et sa collègue Andrea Abel, le Dr Ulrike Pircher Wegleiter, inspectrice de l’éducation, le Dr Michl Ebner Président de la chambre consulaire du SudTyrol, ancien député Européen PPE et éditeur du quotidien Die Dolomiten, Philipp Achammer, secrétaire général du SVP et bien sûr le Dr Herbert Dorfmann, membre du SVP et député européen PPE) n’ont pas eu d’alsatique du Conseil Général.

J’espère que ces explications auront répondu à vos interrogations sur la correcte utilisation des fonds publics.

Vous avez raison de poser ce genre de questions à l’heure où les élus se doivent d’être exemplaires face aux difficultés financières de nos collectivités et où le chef de l’Etat lui-même montre l’exemple en faisant démissionner un ministre qui aurait consommé pour 12 000 € de cigares.

Je partage comme vous ce souhait d’une parfaite transparence, d’une mise « au grand jour », du financement des voyages des élus. Ainsi, je ne doute pas qu’à votre tour vous saurez afficher les coûts, les objets et les programmes de vos séjours d’études.

Il me semble que vous vous êtes rendu récemment à Shangaï. C’est l’occasion de mettre en application les principes dont vous vous prévalez. Il serait donc intéressant que vous indiquiez, comme je l’ai fait à votre adresse, quel a été le coût de ce voyage pour la collectivité (transport, hébergement, etc.) et qui y a participé (élus et non élus).

Un voyage d’études ayant nécessairement pour objet de rencontrer des personnalités locales (sinon ce serait un voyage d’agrément) leurs noms et qualités ne sauraient être oubliées.
Contrairement à vous, je m’abstiendrai de vous faire l’affront d’assimiler leurs idées à votre personne. Sachant la réalité du régime communiste en Chine je ne doute pas que lors de votre rencontre vous vous soyez immédiatement empressé d’évoquer avec eux la question des droits de l’homme et des prisonniers politiques.

Enfin bien sûr, l’intérêt fondamental d’un voyage d’étude étant l’analyse qu’on en retire, je suis sûr que, comme pour notre voyage au Sud-Tyrol, la presse même spécialisée se fera l’écho de vos conclusions et des enseignements que vous en retirez pour votre action municipale et communautaire.


En conclusion à cette longue lettre je me permettrais de revenir sur vos procédés.


Je crois avoir compris que vous n’êtes pas dans les meilleurs termes politiques avec Mme Munchenbach. Que vous lui soyez opposé, que vous combattiez ses positions et le fassiez savoir, c’est l’essence même du débat politique, mais que vous truquiez les documents, que vous lanciez des anathèmes, cela relève de la désinformation et ne rentre pas dans le débat politique démocratique.

Sans vous renseigner correctement, vous avez voulu, avec une lettre ouverte diffusée
largement, immédiatement disqualifier votre adversaire avant d’engager le débat.
Est-ce par crainte d’être confronté à la réussite du « modèle » sud-tyrolien, par aversion pour l’ouverture qu’offre le bilinguisme, par relent germanophobe ou juste pour détruire politiquement Mme Munchenbach qui défend cette vision progressiste pour l’Alsace ?

En tout état de cause, la démonstration est faite que nous ne sommes pas allés aux frais du contribuable nous promener chez les néonazis comme vous le sous-entendez, mais que nous avons eu un programme complet pour voir et comprendre en un laps de temps minimum le fonctionnement de la région du Sud-Tyrol, sa politique linguistique et les avis les plus pertinents sur la question (les écouter n’est pas forcément les cautionner).

Malheureusement, le militant démocrate que je suis, se désole de constater qu’à force de lancer des accusations de fascisme n’importe où et n’importe quand et surtout sans aucun fondement, cette accusation perd de sa vigueur, se banalise pour au final devenir inopérante.

J’espère donc ne plus être confronté à pareil dérapage.

Espérant aussi obtenir par courrier ou par presse interposée les réponses à mes interrogations listées dans le passage précédent ma conclusion, je vous prie d’agréer, Monsieur le Maire et cher collègue, l’expression de mes salutations les plus cordiales,

Michel LORENTZ
Maire de Roeschwoog

Merci à Yann WEHRLING pour ses dessins!


Notre visite à Bolzen/Bolzano avait fait l'objet d'un petit article dans le journal local, Dolomiten:

17.06.2010
Elsässische Delegation im Landtag

Die Autonomie und das Südtiroler Schulsystem standen im Zentrum des Interesses einer Delegation von Politikern und Kulturvertretern aus dem Elsass, die heute von Präsidialsekretärin Maria Hochgruber Kuenzer empfangen wurde.

Die Delegation mit Abg. Maria Hochgruber Kuenzer im LandtagDie Delegation mit Abg. Maria Hochgruber Kuenzer im Landtag

„Vor Jahrzehnten waren 70 Prozent unserer Bevölkerung noch zweisprachig, jetzt sind es nur noch zehn Prozent, und noch weniger sind die Schüler, die zweisprachige Klassen besuchen“, erklärt Bernard Wittmann, Historiker und Autor eines Buches über Südtirol. Wittmann gehört zu der Delegation von Politikern, Gemeindeverwaltern und Vertretern der deutschsprachigen Kultur im Elsass, die in diesen Tagen in Südtirol die Autonomie und das Schulsystem begutachten. Die Delegation, die von Andreé Munchenbach, Mitglied des Generalrates des Départements Niederrhein (Unterelsass), angeführt wird, wurde heute von Präsidialsekretärin Maria Hochgruber Kuenzer im Plenarsaal des Landtags empfangen.

„Bei uns sind die deutsche Sprache und Kultur kaum sichtbar, der französische Staat ist sehr zentralistisch und kennt nur eine Geschichte und eine Sprache“, sagt Michel Lorentz, Bürgermeister von Roeschwoog, dem auch ein weiterer wesentlicher Unterschied zwischen den beiden Ländern auffällt, die immerhin 300 Jahre unter dem Hause Habsburg vereint waren: „Ihr habt einen Landeshaushalt von 5,5 Milliarden Euro für eine halbe Million Menschen, wir sind zwei Millionen und haben knapp 3 Milliarden zur Verfügung.“ Ziel des Besuchs ist es auch, dauerhafte Partnerschaften zwischen elsässischen und Südtiroler Schulen und Gemeinden zu knüpfen.


 
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